Après un article très commenté sur l’utilisation du Mind Mapping pour la prise de notes en cours de partie, voilà quelques idées pour appliquer cette technique à l’écriture et la création d’un scénario de jeu de rôle. Bien sur, il serait difficile de présenter une technique complète de A à Z en un seul article de blog, mais voici quelques pistes pour aller plus loin et être plus créatif avec le Mind Mapping. Pour ceux qui auraient loupé l’épisode précédent, avec quelques rappels sur le Mind Mapping, vous pourrez le trouver ici.

Collecter les idées

La première phase de l’écriture d’un scénario ou d’un brouillon, quelque soit la méthode, est une recherche d’idées. Même la moins préparée des improvisations doit se reposer sur quelques idées solides, pour emmener les joueurs à l’aventure. Le Mind Mapping offre une méthode visuelle pour « brainstormer » ou « brainwriter » (brainstorming à l’écrit) les idées et les développer de façon logique au brouillon. Au milieu ou à gauche de la page, dans un ovale, vous allez commencer par écrire soit le titre, soit le numéro, soit la date de la séance que vous allez préparer. Ensuite, vous allez tracer depuis ce point de départ, des branches, sur lesquelles vous viendrez écrire et détailler chaque idée. L’important à ce niveau est de bien garder la logique « une branche = une idée » en rajoutant des sous-branches pour apporter plus de détail à une idée qui demanderait à être développée, ou bien si les idées vous viennent. Pour un scénario Rippers que je suis en train d’écrire, cela donne le début de schéma suivant :

Bien garder la structure « Une branche = une idée » permet à la fois de garder un document clair et de stimuler le cerveau pour la suite : bien que l’on ne soit encore au brouillon, les idées ont déjà un début de structure, ce qui facilitera l’organisation du scénario ensuite. L’idée est donc à ce niveau de lister et de cartographier l’ensemble des concepts et idées que vous verriez bien intervenir dans le scénario, sans se limiter ou se brimer : s’il faut supprimer des lignes ou réduire la voilure ensuite tant mieux, il vaut mieux trop d’idées que pas assez.

Quelques modèles pour la recherche d’idées

Et si les idées ne sont pas là ou bien ne viennent pas ? L’exemple ci-dessus permet d’organiser et de stimuler la création d’idées, mais si l’inspiration ne veut vraiment pas venir, qu’est il possible de faire ? L’extrait gratuit de la Bible du Meneur de Jeu donne une liste détaillée des sources d’idées possibles mais on peut aussi utiliser la cartographie mentale pour stimuler la recherche de concepts.

La méthode quintilienne, appliquée au Mind Mapping, est un bon moyen de démarrer et d’éviter le syndrome de la page blanche. Les puristes nous feront remarquer que ce n’est pas Quintilien lui-même qui a évoqué cette méthode en premier, mais qu’importe, c’est le résultat qui compte. L’idée est de définir le scénario avec les interrogations suivantes : Qui ? Quoi ? Où ? Comment ? Combien ? Quand ? Pourquoi ? et donc de se servir de cette structure comme base pour la Mind Map des idées du scénario. Le « centre » de la cartographie est donc le suivant :

Il peut être utilisé comme « template » pour presque tous les scénarios et univers possibles. Le meneur, pour préparer le scénario, va donc développer chaque branche en répondant aux questions et va définir ainsi son scénario. Par exemple, dans le cas du scénario Rippers évoqué précédemment, le début de la cartographique pourrait ressembler à :

Un autre template possible pour démarrer la Mind Map de création de scénario, c’est d’utiliser la méthode des initiales. Il s’agit de partir d’un mot, en rapport avec le scénario, et de chercher pour chaque lettre composant ce mot, une idée, une branche et de la développer. Cela vaut ce que ça vaut, mais peut permettre de trouver quelques concepts qui n’auraient pas forcément émergé autrement.

Organiser les idées

Après la première phase d’accumulation des idées, vous devriez avoir une cartographie mentale, rassemblant différents concepts qui viendront alimenter le scénario. Si on reprend l’exemple de départ, voilà la cartographie finale :

Dans ce format, les idées sont, dans une certaine mesure, « organisées ». Elles ne sont pas aussi éparses que dans un brouillon, mais pas encore assez structurées pour être utilisables dans un scénario. Il faut donc organiser ces idées au sein d’une structure qui sera plus adaptée à la partie. Il n’y a pas une seule école pour mettre en forme les idées, il y en a même quasiment autant que de meneur ! Cependant voilà une manière de faire avec la Mind Map précédente. Cela peut être de regrouper les grandes idées (les branches) au sein d’une structure en 3 actes : Implication, Développement puis Conclusion. Si vous avez utilisé un logiciel (comme FreeMind) pour développer votre cartographie, c’est d’autant plus facile d’insérer des nouvelles branches, puis de déplacer les « idées » dans chacune de ces branches. Voilà un extrait de la Mind Map mise en forme de cette manière sur le scénario Rippers dans une structure en 3 actes.

Bien sur il n’y a pas une seule manière de faire ou de structurer un scénario. De plus, il y a encore un peu de travail à faire avant d’arriver à un scénario publiable : on pourrait à partir de cette carte préparer une arborescence, une liste d’annexes et d’aides de jeu, développer une écriture en « scènes » ou bien produire un scénario « univers »… Mais tout ceci est une autre histoire, abordée un peu plus longuement dans la BMJ… En attendant, bon jeu à tous !

Catégories : Le jeu Speedrôling

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